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01 marzo

Jan me...quitte?!

Je n'ai pas pu écrire avant aujourd'hui; je viens de m'en remettre, de cette retraite cruelle. D'ailleurs peut-être mon absence, mon interminable silence vous l'avait-il déjà fait deviner, sans Jan, pour moi le cyclisme perd un peu de ses couleurs.
 
Pas tant que mon allemand soit essentiel à ce sport; nous avons eu la preuve que le cyclisme peut bien être amplement excitant sans qu'il ait à donner un seul coup de pédale. Mais son absence signifie toujours une chose: le sublime pincement au coeur, le doux-amer de chacune de ses victoires, les explosions de joie et excès de douleur, toutes les émotions intenses que lui seul me faisait ressentir ne seront plus au rendez-vous.
 
Déjà à la veille du dernier Tour, lorsqu'il en fût exclu, j'éclatai en sanglots comme rarement auparavant; peut-être avais-je déjà pressenti le malheur qui s'abattait sur sa personne, peut-être savais-je déjà que jamais je ne le reverrais sur un vélo. J'ai pleuré amèrement et tout le monde s'est bien foutu de ma gueule, mais mon coeur, cependant, est heureux: il a la certitude d'avoir bien aimé. Car n'est-ce pas, que la satisfaction, que le bonheur réel d'un amour vient de cette béate pensée: « Comme j'aime bien » ?
 
Je ne veux pas, aujourd'hui, alors que peut-être pour la dernière fois j'entretiens le monde et personne à la fois de la grandeur de Jan Ullrich et de l'affection que je lui porte, revenir sur sa carrière, énumérer ses forces, ses faiblesses, trouver des explications à celles-ci, je ne veux pas faire de chronologie, raconter son histoire, que vous connaissez tous. En fait j'imagine ne vouloir rien souligner, sinon que jamais une telle grandeur, une telle authenticité, une telle noblesse n'a touché mon coeur de la façon qu'il le fît, et que pour cela toujours je lui vouerai une grande estime, en dépit du dopage, en dépit des médias, qui de toutes façons ne m'atteignent plus, en dépit d'à peu près tout. Je ne veux pas non plus le poser en victime, mais puis seulement regretter qu'il fût le seul à payer pour un perfide scandale qui n'aura pas d'autre portée.
 
Damnée machination!
 
13 agosto

Près du peloton : Montréal-Québec

Cinq heures. La noirceur était légère, un peu translucide; juste assez hypnotisante pour malaiser le réveil. Il fallait pourtant quitter les draps - un peu plus d'une heure plus tard nous étions sur la route. C'était le demi-jour; dehors, les rues, les maisons, tout le décor semblait somnolent, comme encore engourdi d'un lourd sommeil, d'une certaine intimité. Les matins, en vérité, sont des aurores dont on oublie trop souvent de s'enivrer; leur odeur est agréable, elle est plus subtile, plus sauvage - une douceur, pourtant.
 
Il flottait un peu le même parfum à Montréal, quand nous sommes descendus à l'intersection Viau/Pierre de Coubertin, là où était donné le départ de la plus ancienne et la plus longue classique cycliste en Amérique du Nord, la classique Louis Garneau, qui relie Montréal à St-Augustin, près de Québec. Cela s'affairait déjà; l'équipe Garneau-Optik, notamment, s'installait, ainsi que quelques autres équipes américaines, canadiennes et québécoises . Les Volkswagen-Trek arrivèrent peu après. La majorité des coureurs enfilait jambières, manchettes ou vestes; certains - dont David Veilleux - s'affublaient même de tuques: c'est qu'il faisait plutôt froid. Le départ, préambulé par quelques discours (certains plus courts que d'autres :D), fut donné vers 8 heures. La course est cependant neutralisée sur 20 kilomètres, le temps de sortir de Montréal; il nous fallait voir le véritable départ.
 
Une fois le peloton disparu par delà la première courbe, ma mère et moi avons sauté dans la voiture, puis, comme nous n'avions pas déjeuné, nous sommes arrêtées dans un Dunkin Donuts pour un café au goût douteux et des muffins dont nous avions plus ou moins choisi les saveurs - ils n'étaient même pas prêts, à 8 heures le matin, imaginez! -, tout cela de pair avec un service effroyablement lent. Quand nous sommes remontées dans la voiture, nous nous sommes dirigées illico vers Repentigny et le pont Le Gardeur. Là, il y avait toutes les voitures et motocyclettes de la sûreté du Québec qui attendaient le peloton jusque-là escorté par la police de Montréal; elles se sont fait jouer un bien mauvais tour par un groupe de cyclistes partis 10 minutes avant la course qu'on a pris un moment pour le peloton; elles sont donc parties un peu d'avance, mais ont été rapellées juste à temps. Et puis on l'a vu, le peloton, le vrai, venir de loin, de la courbe sur le pont. C'était joli, il faisait beau, et ça m'a donné des visions de Tours de France, avec ce pan de fleuve dans le décor.
 
Prochain arrêt, Saint-Sulpice. On avait mis du Supertramp dans le lecteur cd. Il faisait soleil, un beau soleil d'avant-midi; il devait être 9:30, 9:45. Là aussi, le peloton est passé groupé et j'ai eu le temps d'identifier quelques coureurs; David Veilleux et Alexandre Lavallée se tenaient dans les 15 premières positions depuis Repentigny, certainement avant même le pont Le Gardeur. Le panorama, par contre, était moins saisissant. 
 
On a manqué la halte qu'on avait planifiée ensuite à Lanoraie. Juste au moment d'arriver sur l'iintersection où nous les aurions vu passer, nous avons aperçu la fin de la caravane défiler; les voitures d'équipes, l'ambulance, la voiture-balai. On a alors vite repris l'autoroute pour ne pas décaler de l'horaire, accumuler le retard et s'y embourber. Direction: Berthierville. Encore pas trop de mouvements. Mon beau-père, Eric, roulait tout près de Lavallée, avec Veilleux un peu devant - il semblait fringuant -, dans les 20 premières positions, à l'approximatif. En se dirigeant vers Yamachiche, on pensait bien voir Éric essayer d'attaquer, ou du moins, se glisser dans une échappée, mais lorsque nous sommes arrêtées à cette halte routière - qui en était véritablement une, avec un petit dépanneur ou en plus de vendre des chips on vend aussi des capteurs de rêves et autres emblèmes attrape-touristes du Canada -nous ne l'avons pas vu passer avec l'échappée, qui à ce moment-là comptait 4 coureurs: il y avait Czeslaw Lucasewiz, un Garneau-Optik, un Jittery-Joe's et un autre, disons, un non-identifié. Il n'était pas en tête de peloton non plus. Ma mère s'inquiétait, quand nous l'avons vu passer dans un groupe de chasse avec un retard d'environ 30 secondes. Nous avons su plus tard qu'il s'est produit une chute devant lui et il fut obligé de dévier en dehors de la route où il est lui-même allé au sol, ou plutôt, à l'eau car il est tombé dans un ruisseau. 
 
Au prochain arrêt, nous étions curieuses de voir s'il s'était replacé et si les échappés avaient maintenu, perdu ou augmenté de leur écart. Nous sommes descendues dans le magnifique petit village de Champlain, dans le stationnement d'une caisse populaire Desjardins à l'architecture charmante. Nous étions pas mal d'avance, ça nous a donné le temps de marcher un peu. Le fleuve était tout près, il y avait partout de grands arbres et l'endroit était tranquille. Comme une campagne, mais plus chic, sans que cela donne dans la richesse. À Champlain, donc, il n'y avait plus que 2 coureurs en échappée devant; Czeslaw et le Jittery-Joe's. Derrière, un groupe de chasse-patates d'à peu près six coureurs, puis le peloton à environ une minute. À Sainte-Anne de la Pérade et Deschambeault, nos arrêts suivant, c'était la même configuration, à l'écart près.
 
Mais ensuite ce fut Donnaconna. Nous nous sommes installée dans la côte, une bonne côte, qui monte pas mal et sur assez de mètres pour faire du ravage. Là, en attendant de voir passer le peloton on a jasé avec la mère d'Éric Boily, qui nous racontait que son fils avait fini un DEC en sciences humaines et qu'il en commençait maintenant un en gestion et qu'elle espérait que ça marche et qu'il se branche, qu'elle était inquiète parce qu'ils n'avaient pas encore reçu de papiers du Cégep, et que d'ailleurs Éric avait abandonné la course et était maintenant assis dans la voiture de l'équipe en train de manger des brioches.
 
Les coureurs sont passé très près de nous dans la côte; j'ai beaucoup aimé. L'échappée s'est fait reprendre juste après le sommet, sur le faux-plat montant. David Veilleux est passé dans les 10 premiers au sommet. Il avait l'air très bien et j'ai donc pensé qu'il gagnerait la course; Lavallée était déjà plus loin, personne n'avait l'air beaucoup plus fort que lui. Quant à Éric (mon beau-père), il était dans un groupe largué :D. Éric Boily était de son côté tout sourire dans la voiture Volkswagen-Trek et faisait des ''bye-bye'' à sa petite famille.
 
Le dernier arrêt, c'était évidemment l'arrivée. Il y avait une grande bannière qui claquait au vent, un vieil animateur croupissant qui mélangeaient les coureurs, de la musique répétitive et pas mal de monde. On annonçait un vainqueur provisoire, un certain Ryan Roth, un ontarien du club JetFuel; il avait une minute d'avance déjà sur ses poursuivants et il ne lui restait que 4 kilomètres. Le vainqueur provisoire s'est avéré officiel, mais je continuerai à penser que celui qui aura fait le plus de bruit, c'est bien David Veilleux. Veilleux est arrivé 9eme. Un top-dix, à sa première participation, à sa première année senior, vous imaginez? Le talent qu'il a... Quand il a croisé la ligne, on lui a crié ''Bravo!'' - il était tout près. Puis, il a tourné derrière nous, à même pas un mètre, et deux journalistes se sont postés devant lui avec des calepins à la main. Ça bougeait autour de lui, on lui tendait bouteilles d'eau, cannettes de coca-cola, serviettes. Des coureurs et des dirigeant de son équipe venaient le féliciter. Mais lui était très, très, très calme. Très, j'insiste. Il n'avait pas l'air emporté par la joie, peut-être même un peu déçu, il répétait « personne ne m'a laissé partir ». Ce qui m'a impressionnée, c'est cette attitude, à l'après-course. Les journalistes n'ont pas posé une question. Veilleux leur a raconté la course dans les grandes lignes, de façon très lucide. Il n'avait pas l'air épuisé, seulement d'avoir eu un peu chaud. Seuls ses yeux étaient un peu collants, comme si il avait trop dormi et très profondément après une fatigue insoutenable. Tout le monde bougeait, mais pas lui. Il est assez grand,  mais malgré qu'il ne soit pas imposant, il donne une impression de solidité, tellement son attitude est implacablement calme. Il n'est pas nonchalent, il n'est pas stupide, ça se sent au premier regard. C'est étrange, parce que dans sa lucidité, il est certainement conscient de l'effet qu'il fait, de l'importance qu'il a dans cet univers étroit - pour l'instant - du cyclisme québécois, mais il ne s'en formalise aucunement. Il fait ses affaires - et bien! Il court. Il gagne beaucoup. Et ce soir, chez lui à Cap-Rouge, il dort à poings fermés.
 
Quant à nous, si ça nous a pris 6 heures monter à Québec, ça nous en a pris moins que la moitié pour revenir à Terrebonne. Et dans l'auto, croyez-le ou non, c'est moi qui ai dormi presque tout le trajet!
27 luglio

La parole est d'or.

Quand j'étais petite, ma mère me disait tout le temps - parce que je disais des chose que, paraît-il,  il vaut mieux garder pour soi - que «la parole est d'argent, mais le silence est d'or». Et je n'étais jamais d'accord...
 
Maintenant, même si mon opinion s'est nuancée, je dois dire qu'en général, je ne suis guère beaucoup plus d'accord, en tout cas, en ce qui concerne les propos que j'estime importants, en opposition avec ce que je juge futile. C'est-à-dire que ce qui est évident doit être rendu à l'évidence. Bien sûr, c'est théorique et mon coeur n'a pas eu droit au débat lorsque j'ai pensé cela, mais j'ai appris cette année que la pensée rationelle était aux fondements de la philosophie, alors... Oh, loin de moi l'idée d'écrire ici un essai philosophique; j'essaie seulement de m'exprimer sur les derniers évènements qui ont chambranlé sévèrement la charpente du cyclisme. Bien sûr, ils ne l'ont pas brisée. Ceux qui croient que quelques affaires de dopage vont détruire ce sport soit souffrent d'imbécilité chronique (très probable), soit sont en permanence de triples idiots ( j'aimerais croire qu'il y ait moins de probabilités pour cette hypothèse). Mais je m'embrouille un peu.
 
Reprenons. D'abord Jan Ullrich, Ivan Basso et Francisco Mancebo à la veille du Tour s'en voient exclus. Puis, quelques jours après la fin du Tour, son vainqueur, Floyd Landis, voit sa victoire s'effriter pour cause de...dopage. Mauvais moment pour échouer un test...
Certains sont rapides à tirer des conclusions dans tous les sens; « tous les cyclistes sont dopés, c'est un sport ridicule où l'hypocrisie règne pour mieux mentir au public qui se fait, excusez le québécisme, enfirwapper - ou peu importe comment ça s'épelle - tels de pauvres victimes aveugles et naïves par la méchante machine que forment coureurs, directeurs sportifs, médecins douteux et commanditaires.»
 
N'importe quoi! Il faut bien être une autruche pour se cacher la tête assez profond dans le sable si l'on veut persuader qui que ce soit qu'on a rien vu venir. Sortons donc les moyennes du Tour depuis quelques années... Et le cyclisme serait un sport ridicule? Le spectacle auquel on a eu droit en juillet, c'était ridicule, ça? Depuis quand n'a-t-on pas eu un Tour si passionnant? Voyons donc.
 
Il faut bien me comprendre: je n'excuse nullement le dopage. J'estime seulement que tous ceux qui affirment perdre leur respect pour les héros déchus, pour le sport en général, ne savent pas ce que c'est d'aimer. L'amour, sous toute ses formes - affection, respect, fascination, admiration, amitié, j'en passe - implique l'acceptation infuse de tout ce qu'est l'objet de cet amour. Autrement dit, il faut aimer autant lorsque ça va bien que lorsque ça va mal, sinon plus dans ce dernier cas. C'est pour ça que c'était important pour moi de continuer à écrire ici. Je pensais écrire plus durant le Tour, et je ne me ferai pas excuser par mon emploi nouvellement acquis, mais je ne l'ai pas fait. D'une part, il semble que l'absence d'Ullrich - je m'étais tant préparée à le voir sur le podium - m'a laissée un peu vide dans un premier temps. L'inspiration ne me venait plus autant, et puis après, je n'ai plus eu envie d'écrire. Mais je me suis dit que maintenant il fallait briser mon silence.
 
Il y a des moments dans la vie où il faut se lever et dire tout ce qu'on juge être la vérité. Parce que la vérité finit toujours par se faire connaître et que c'est le premier argument avec lequel je réfute le prroverbe de ma mère. Je souhaite seulement qu'à présent un de ces héros déchus se relèvera et qu'il nous montrera une dernière fois son courage et sa classe. J'espère qu'un d'eux nous expliquera toutes les circonstances, lèveront le voile sur le système. Je l'espère pour l'avenir de tous ceux qui aiment assez le cyclisme pour courir eux-même.
 
Jan.J'aimerais entendre la vérité sortir de ta bouche, pas d'un rapport d'une enquête policière.
 
29 giugno

La revanche du Texan

 
- Austin, TEXAS -
 
La pièce est grande, plutôt spacieuse, décorée à l'américaine par quelques accessoires au motif du drapeau étoilé. Dans un coin est placé un immense canapé sur lequel trône Lance Armstrong, un cellulaire collé à l'oreille, les pieds croisés en hauteur, accotés sur la petite table de salon juste au devant du divan. Un sourire mi-moqueur, mi-mesquin transforme son visage pour lui donner un air satisfait.
 
-Hey, Johan! Whad'ya think about what's going on in France? Ullrich et Basso risquent de ne pas prendre le départ du Tour, le champ sera libre pour les gars de l'équipe. Et puis tous les fans de cycling, you know, ils vont être déçus de ne pas assister au duel attendu. They said I was guilty. Maintenant j'ai ma revanche, Johan! Je ne serai pas le seul guilty! Ullrich. Tout le monde l'aime Ullrich! Lui aussi il est guilty! C'est moi qui l'ai dit. Ah, Johan, this whole affair is so funny, I can't stop laughing, Johan! Ça a été tellement facile de tout exploser. Tu sais, qui ne la rit pas du tout en ce moment, Johan? Cet idiot de Jean-Marie Leblanc. J'espère qu'il a appris la leçon; on fait pas le con avec Lance Armstrong.
 
Et ce dernier d'éclater d'un rire qui n'avait rien de drôle.
 
 
 
 
27 giugno

Juillet sera un malaise caniculaire

 
D'abord, malaise sur le Giro. Des révélations choc d'un journal espagnol chamboulent la fin de la grande course italienne et plongent dans l'inquiétude l'univers cycliste presqu'au grand complet. Puis, retrait d'un sponsor, controverse quant à la participation au Tour de France des équipes impliquées; les équipes se voient alors non-désirées. Au même moment, le scandale boulimique engouffre avec lui de plus en plus de noms: Jan Ullrich, Oscar Sevilla, on ressort l'affaire Hamilton...En contre-jour, le cas Armstrong qui s'alourdit d'allégations, de preuves de plus en plus tangibles, de moins en moins déniables, et tout cela frôle le ridicule. L'action se déroule à quelques jours du départ du Tour de France, évènement très attendu cette année en particulier étant donnée l'ouverture de la compétition...
 
On se croirait dans une pièce absurde et pathétique, taillée pour discréditer le plus beau sport du monde à la veille du plus beau mois du monde. Je ne me plains pas qu'on ose la critique, mais si je regrette d'abord qu'on ait à critiquer, je me désole pour ce Tour de France et l'avenir proche de mon spectacle favori.
 
Juillet sera caniculaire.
 
 
11 giugno

Dauphiné-Libéré: Bilan

Bjarne Riis ne laisse jamais rien au hasard. Assis, le dos droit contre un dossier de chaise rigide, le danois s'affaire à passer en revue les résultats de la dernière édition du Critérium du Dauphiné Libéré, histoire de bien connaître dans quel état de santé se présenteront au Tour de France les concurrents de son protégé. Celui-ci est assis juste en face, les mains regroupées, posées sur la table devant lui dans une attitude sereine et confiante.
 
Bjarne prend la parole:
-Allons y méthodiquement. Voilà, premier au classement général final: Levi Leipheimer. Nous savions qu'il pouvait remporter l'épreuve, ce n'est donc pas une surprise. Leipheimer performe très bien sur des courses d'une semaine; cela nous est confirmé par sa victoire sur Jan Ullrich lui-même au Tour d'Allemagne, l'an passé. Mais sur une course de 3 semaines, et surtout sur le Tour, il risque beaucoup trop la défaillance. Je pense que malgré une préparation chaque année minutieuse, il n'est pas à la hauteur pour remporter une compétition d'une telle envergure.
 
-Si je peux me permettre, Bjarne, même Ullrich le décroche en montagne, sur le Tour.
 
-Oui, cela peut servir à titre d'indicatif. Et puis il lui prend au moins une minute au contre-la-montre. C'est réglé pour Lepheimer. 2eme : Christophe Moreau. Tiens, en voilà un à qui le changement d'équipe a fait du bien. Mais craignons-nous vraiment Moreau?
 
-Une entrevue rapportait qu'il songeait plutôt à une étape, dit Basso, doucement.
 
-Ce serait plus sage, en effet. 3eme, Berhard Kohl. Il ne participera même pas au Tour de France, alors ne perdons pas notre temps. 4eme, Azevedo. Ah! Parlons en de la Discovery Channel. Quels idiots!
 
Bjarne élève le ton.
 
Ça fait sept ans qu'ils nous cassent les oreilles avec leur dream team en criant à qui veut bien l'entendre que le secret d'une victoire dans le Tour, c'est une équipe qui travaille entièrement pour son leader. Le pire c'est que ça marchait! Et cette année, ils ne se présentent pas avec un leader,ni avec deux, ni trois mais quatre leaders potentiels! Quels idiots....Je te le dis, elle est out, la Discovery Channel cette année. C'est n'importe quoi, quatre leaders! Mais bon, disons qu'on ne les néglige tout de même pas: Azevedo est en excellente forme. De plus je pense qu'en montagne il n'a pas besoin de tant de travail d'équipe et peut bien performer seul. Mais de là à remporter le Tour? Hincapie, ce serait vraiment le pire du n'importe quoi. D'abord il ne semble pas encore au niveau, mais je me demande même s'il est possible qu'il l'atteigne, ce niveau! Et puis Popovych. Lui, ça ne va vraiment mais vraiment pas. Finir 40eme du Dauphiné-Libéré et espérer un podium au Tour? Il n'y a que Jan Ullrich qui puisse faire de tels miracles, et là encore...
 
- Tu y vas peut-être un peu fort, non? Pour Popovych et pour Jan. Et puis, peut-être qu'il se réservait, se servait de la course comme entraînement, comme Vinokourov et Landis
 
-J'espère pour eux qu'ils ne se donnaient pas à fond! En tout cas, l'Ukrainien, il va être pris dans une bataille de leaders, alors je ne crois vraiment pas qu'il soit si dangereux. Vinokourov... on ne sait jamais avec lui. Mais encore, on peut difficilement prétendre au podium du Tour quand on finit 49eme du Dauhphiné!
 
-Mais au moins, il sera leader unique, cette fois. En 2003, il avait bien atteint la troisième marche.
 
-Avec tous les problèmes au sein de son équipe cette année, je ne suis pas certain qu'il puisse rééditer l'exploit.
 
-Et Landis? demande Basso. Il a quand même réussi un bon chrono.
 
-C'est vrai. Mais Landis est un peu comme Leipheimer. Mais nous garderons l'oeil ouvert - et averti.
 
-Ce que j'ai été impressionné par Zabriskie, dans les contre-la-montre! J'imagine qu'il gagne sa place dans la sélection pour le Tour?
 
-Disons qu'il a de bonne chances, répond Bjarne.
 
-Bon, mais qui reste-t-il à analyser?
 
-Les grimpeurs. Valverde finit 7eme; ce n'est pas trop mal, mais on est en droit de penser qu'il lui reste encore à peaufiner sa forme avant le Tour; il le fera et sera au rendez-vous. Attention à lui en montagne. Il s'est beaucoup amélioré au contre-la-montre, mais j'ai l'impression que les efforts qu'il y conscent lui coûtent ultérieurement.
 
-J'en prend note. J'ai aussi entendu dire que Mayo était revenu à la forme?
 
Ivan avait levé un sourcis curieux en formulant sa question.
 
-En effet, c'est bien ce qu'il semble. Mais il perdra beaucoup de temps dans les chronos. On peut lui permettre de gagner une étape, mais s'il s'échappe on doit s'assurer de bien contrôler l'écart, à moins qu'il soit bien mal placé au général.
 
-D'accord. Je ne semble pas avoir d'adversaires sérieux, à t'écouter parler, Bjarne!
 
-Ne te laisse pas méprendre. Et puis, il reste Jan Ullrich Lui sera sur le podium, tu peux me croire.
 
 
31 maggio

J'y rêve encore.

 
Le Tour d'Italie le plus ennuyeux du monde s'est refermé.
 
Et juin s'offre, -juin où l'on attend, ô combien impatiement, le début de juillet.  
 
Le Tour viendra ensuite,lui qui se sera longuement fait attendre, lui qu'on aura anticipé, désiré. On en aura rêvé, j'aurai imaginé Ullrich en jaune dès le prologue, défendant le précieux maillot même sur l'Alpe d'Huez. Le Tour viendra, avec tous les châteaux de France et la beauté de ses paysages. Le Tour viendra avec ses héros, ses tragédies, ses combats et ses victoires.
 
Le 23 juillet sera sacré le nouveau champion, et l'hyme qu'on jouera ne sera pas l'américain. Serait-ce déplacé d'espérer qu'on entende retentir sur les champs Elysées  le Deutschland Über Alles des Allemands furieux de joie de voir leur merveille sur la première marche du podium?
 
Cette nuit, je ne peux pas dormir mais pourtant j'y rêve, Jan.
 
Je veux voir ton drapeau flotter.
Je veux voir ton visage soutenir la douleur.
Je veux voir ton sourire triompher dans Paris.
Je veux voir ton talent s'étendre, éclater, ta force se dérouler à l'infini.
 
Le jaune te va si bien.
Je crois encore en toi, Jan.
 
Le Tour viendra; il faut le conquérir.
 
18 maggio

Beim Arzt mit Jan Ullrich!

Jan : Ach, Doktor! Ich habe Knieschmerzen. Ich kann nicht schnell Rad fahren und es gibt viele Radrennen dieser Sommer.
 
Doktor: Wollen Sie der Tour de France gewinnen?
 
Jan: Klar, aber mit der schmerz...Auch bin ich beansprucht...Leute wollen dass ich nochmals der Tour gewinnen soll und sie setzen mir unter viel Druck.
 
Doktor: Ja, das ist richtig! Ich weiss, was Sie brauchen! Klar, für Ihre Knieschmerzen machen Sie leichte Übungen mit Ihrer Physiotherapeutin, Birgit Krohme. Für Ihre Druck Problems... Ich denke, dass Sie sollen viele Blumen kaufen. Immer sein Sie gekreist mit Blumen!
 
Jan: Entschuldigen Sie...kann ich fragen... Blumen?!?!? Warum denn?
 
Doktor: Ja, neue Studien sagen dass Blumen ausgezeichnet für Stress heilen sind.
 
Jan: Ach.. sehr komisch...Andere Dinge?
 
Doktor: Ja! Sie müssen rosa tragen. Rosa ist eine ruhige Farbe, sehr gut um Stress zu heilen.
 
Jan: Gut! Mein Team, T-Mobile, gibt mir rosa Jerseys, so alle ist okay. Aber...
 
Doktor: Was? Was geht nicht?
 
Jan: Falls ich der ''Maillot jaune'' nehme?!?!? Was wird mit mir passieren!?!?
 
Ende der Dialog weil Jan ohnmächtig wurde...
 

Voilà! C'est ce que ça donne, les compos d'allemand après 2 sessions d'étude! (bon j'ai quand même eu de l'aide, ma compo est corrigée (Danke Kristian ^^), mais tout de même.  MA PREMIÈRE CHRONIQUE EN ALLEMAND! Aaaaaah, l'allemand...
15 aprile

Une charade...

 
Jouons aux devinettes.
 
Mon premier signifie la complétion d'un circuit fermé.
Mon second est la conjugaison du verbe dire à la 3eme personne du singulier.
Mon troisième est le nom de la muse grecque de la comédie.
Mon tout se rapporte au cyclisme, se tiendra cette année du 6 au 28 mai, et sera diffusé - grande première! - sur les ondes du Canal-Évasion!
 
Le Tour d'Italie.
Le Giro qui cette année promet, et dont l'affiche semble s'être ornée de têtes estimées, d'invités de marques, comme il convient sans doute de nommer Jan Ullrich, Ivan Basso et puis probablement Paolo Savoldelli, Salvoldelli-truc-machin, allez savoir comment il épelle son nom. Jan Ullrich qui ne vient que pour l'entraînement, mais à qui il ne ferait aucun tort de commencer la saison bientôt...De quoi éviter toutes les plaintes possibles inimaginables contre sa présence sur le Giro. Encore une des fameuses tactiques de T-Mobile.
 
Le Giro d'Italia. Le nom sonne comme de la musique; évidemment! Puisque c'est italien! L'an passé, un peu avant qu'il commence, j'avais envoyé un mail à Canal-Évasion, pour leur demander de penser à diffuser le Giro. J'avais été exigeante, je me souviens, j'avais proposé la Vuelta, le Tour de Georgie, le Tour de Suisse, le Dauphiné-Libéré, Paris-Roubaix...
 
Je suis allée sur le site de Canal-Évasion, juste pour le voir, le Giro, officiellement inscrit à l'horaire, juste pour en avoir la preuve, pour que ce soit tangible. L'horaire semble vraiment bien, adapté à l'emploi du temps des travailleurs: il n'y aura pas de transmission directe, mais ce n'est pas pour ce détail que nous allons nous plaindre.
 
Québecois, je vous invite à regarder un des plus beaux spectacles; une analogie poétique, lancinante et cruelle de la vie,je vous invite à y réfléchir, à tenter d'y voir plus clair, je vous invite à saisir tous les sens de la puissance, et si vous y arrivez, à saisir la lumière. Giro d'Italie, tous les jours du 6 au 28 mai, 20:30, en rediffusion le lendemain à 8:30 et 14:30. Que l'engouement soit saississant!
 
 
 
06 marzo

Tragédie Classique

 
Illuminé de l'intérieur par la force intense de sa volonté, serrant les dents, la mâchoire crispée de l'effort, de la dureté, il passa la ligne sans trop attirer le regard, mais dans une position qu'il avait souhaitée et que sa fermeté lui avait permis de s'obtenir. Hélas, il ne s'était pas avéré vainqueur, mais se trouvait, il n'en fallait douter, satisfait de la condition qu'il étalait, sa vaillance ne se montrant que plus éclatante chaque jour, et son coup de pédale plus vif, plus acéré devenait, ainsi une lame qu'on aiguise et qu'on astique pour la voir trancher, brillante. Matti Breschel, jeune et fougueux, était venu du Danemark pour vaincre, et se sachant en de dispositions aisées - Odin, apparemment, lui avait accordé ses faveurs - son humeur s'en trouvait aussi rayonnante que le blond scandinave qui l'auréolait. Ce fut le premier jour, la prime étape des trois qu'il devrait enchaîner afin de s'offrir l'ultime luxe d'une première victoire professionelle.  
 
Le jour s'éteint, la nuit l'étreint d'un sommeil fort doux, que pourtant le Soleil vint interrompre lorsque sonna l'heure et que Matin apparut. Matti se sentait fort et bel; ainsi au réveil la certitude s'insinua en son âme que la journée lui serait favorable, si bien qu'à son issue, il pouvait se vanter de compter parmi les rares êtres ayant pu défier la fusée Australienne de Davitamon-Lotto.
 
Hélas, voilà, qu'il devenait une menace! Chacun sait bien, il va de soi, que les menaces ne servent qu'à engendrer des ennemis, au mieux, sinon qu'à empoisonner, corrompre les esprits qui n'avaient pour vous qu'indifférence. Voilà dans quelle situation s'était placé Matti, sans qu'il en eut bien conscience; la fougue de sa jeunesse et l'euphorie de sa prouesse sans doute lui faisait courir le risque, quoiqu'une attitude comme la sienne ne se résout jamais au recul, refuse tout compromis jusqu'au courage de se compromettre.
 
Le désir pesait sur son coeur depuis déjà un cycle d'année, ainsi prouver sa valeur motivait cette obstination, cette prétention à la victoire. La douleur souvent transperçait ses muscles, qu'il trouvait le soir endoloris, mais sans tressailler il en ignorait les effets, niait d'en souffrir, seulement dans l'obsession fixe d'accéder à son désir, de consumer, victorieux, ce vide qui ne le rongerait plus. Le Troisième Soleil s'était levé pour l'admirer brûler à son tour. D'un coup de rein, il giclerait bien au-devant de l'Australien pour avoir droit - enfin! - aux baisers du podium.
 
Mais, cher Matti, de tous les maux que tu connus, « m'en citeras tu un seul »* qui t'accabla autant que celui qui t'attendait, au crépuscule de la course, alors que tes ailes semblait s'épanouir, immenses, pour que tu connaisses le ciel?
 
La vitesse les enivra, lui et l'Australien, ennemis dans la compétition de par cette menace que Matti représentait alors, pour cause on lui servit quelques manoeuvres sinueuses qu'il avait - mais quelle force, quelle volonté! - la puissance de relancer. La vitesse les enivra pour les jeter de haut, de l'ivresse à la douleur. 
 
« Sur la terre, qui retentit, il s'écroula, comme Tantale,
La flamme au poing, lui qui, d'une fougue insensée,
d'une ardeur de bacchante faisait rage...»**
 
Matti sombra dans l'inconscience, le casque fendu et les espoirs déchus, pour y nager presque une heure durant. Lorsqu'il en revint, il comprit que son printemps changerait de visage, que tous les efforts n'avaient pu rapporter quelque dividende, ainsi que sacrifiaient deux vertèbres brisées.

*  Antigone, Sophocle. Prologue, scène I.
** Antigone, Sophocle. Prologue, scène II.
30 gennaio

Tour of Qatar - Stage 1

 
La course vient de terminer et Érik Zabel, dans son ''joli'' maillot Milram turquoise pâle, converse avec un coéquipier quelconque.
 
-Ce Belche de champion dû monde! Che vais l'avoir demain, tu vas voir! Che suis arrivé 3eme au Doha, 2eme auchourd'hui, demain che vais terminer premier. Il faudrait qu'on fasse une autre échappée. Comme il a fait, ce Belche...
 
Le Belche, de son côté, n'en finit plus d'enlacer ses coéquipiers.
 
-Merci! Je ne pourrais pas gagner comme ça sans vous, les gars! Vous êtes supers!
 
Chez Team CSC, on se satisfait de la 4eme place de Cancellara : avec Boonen, Zabel et Hunter dans l'échappée, on se demande comment il aurait fait autrement. Bravo, Matti, c'était bien, ce lead out. (Je suppose que tu l'as fait...)
 
-Et puis, tu ne finis pas très loin, det er god, Matti, 3 secondes! Et puis on empoche le maillot bleu avec Fabian!  se réjouit Alain Gallopin, un des directeurs sportifs de l'équipe. C'est un bon départ. Mais il faut être plus aggressif si on veut gagner contre Boonen. Il faut attaquer, attaquer encore, hein, Matti, Fabian, Stuart! Stuart (O'Grady) tu es encore bien placé, good job!
 
Zabel passe tout près. Il faut attaquer, attaquer encore, qu'il a entendu. Mais Boonen est du genre infatiguable. Et puis, pour pimenter la course aujourd'hui, il n'a pas attendu les hostilités pour en lancer.
 
-Mais qu'est-ce qu'on peut faire contre ce Belche, donnerwetter!
 
...Und... Milram + CSC = ?
 
 
27 gennaio

Doha International GP

 
La course en soi était un aperçu, vous en conviendrez. Un aperçu de ce que pourrait être la saison du maillot arc-en-ciel, le champion du monde Tom Boonen, qui n'a pas attendu le ProTour pour s'offrir une victoire. Un aperçu de la soudure solide qui unit l'équipe danoise CSC, un aperçu de ce que pourrait être leur saison à eux aussi. De leur force. 108 kilomètres d'entraînement pour la vraie course, le Tour du Qatar, qui commence le 29.  
 
Au sprint, Boonen, qui démarrait donc sa saison avec le Doha International, dépasse le vainqueur de l'édition précédente, le sud-Africain (si ma mémoire est bonne...) Robert Hunter, et l'Allemand Erik Zabel, qui sprintait pour la première fois dans les couleurs de sa nouvelle équipe, Milram. L'Australien Stuart O'Grady aurait pu être du podium, si, par malheur, sa chaîne ne s'était pas brisé en plein sprint. Selon Alain Gallopin, directeur de Team CSC, dans les derniers kilomètres, toute l'équipe s'est placée devant, préparant le terrain pour O'Grady, qui lui-même était placé dans la roue de Boonen au démarrage du sprint; il faut dire qu'on ne peut rêver d'une meilleure roue.   
 
Et puis la journée de repos, les chameaux ou les dromadaires, les oiseaux de proie... Le charme du Qatar, quoi. Et puis quelques jours de course, durant lesquels vous verrez sans aucun doute, et ce compte tenu de leur perfomance en 2005,  les coureurs de CSC rouler aggressivement, s'introduire dans les échappées, attaquer sans cesse afin de défendre la victoire de Lars Michaelsen l'an dernier. De plus, l'équipe envoyée au Qatar ne compte parmi ses rangs que des coureurs qui pourraient possiblement remporter la course. La menace pour eux vient principalement de Boonen, mais aussi de Zabel, Fred Rodriguez, Robert Hunter ainsi qu'à peu près toute l'équipe allemande Gerolsteiner.
 
Ainsi, c'est au Qatar que ma saison commence, après des semaines, des mois d'absences, voici donc, ma ''couverture'' de la saison professionelle 2006. ^^
 
05 novembre

De tout et de rien, mais surtout de rien.

J'ai toujours pensé que novembre était le pire mois de l'année. Avec le temps, mon opinion s'est raffermie et je tiens à dire que je suis de plus en plus d'accord avec moi-même d'année en année. Il commence à faire froid, on sort les manteaux, les canadiennes, les mitaines, les bottes, les foulards, non pas les foulards, ils sont à la mode toute l'année, eux, ils sont déjà sortis... Au moins il n'a pas neigé encore, du moins pas dans le coin de Montréal... Tiens, j'y pense, il me semble que j'ai pris l'habitude de commencer avec un bulletin météorologique et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose. Mais l'hiver, vous verrez, je suis toujours en train de chialer contre la météo...
 
Il n'y a pas que le froid qui fait de novembre un mois aussi pourri. Sinon, l'hiver entier serait une vraie torture. Le pire en novembre, c'est qu'il n'y a rien. RIEN DU TOUT. Pas de congés fériés, pas d'événements quelconques, pas de vélo, pas de neige (ou si peu, pas assez pour faire de ski ou de snowboard), rien, rien, rien. Juste l'école. Au moins, sinon je mourrais d'ennui.
 
La preuve qu'il n'y a rien, ce sont les headlines de cyclingnews depuis quelques semaines. Armstrong anime Saturday Night Live et reçoit Sheryl ainsi que Bill Clinton... Tom Boonen prend sa retraite dans 5 ans. (Prévoyant, le gars,moi, je prendrais ma vie au jour le jour. Surtout si j'avais sa vie.) David Zabriskie s'est marié. Ils ne l'ont pas écrit encore mais il reste environ 4 mois à la grossesse de la femme de Robbie McEwen. Et bien sûr on espère qu'ils auront un enfant aussi mignon que leur fils Ewan.
 
Linus Gerdemann est passé de Team CSC à T-Mobile, ça a fait pas mal de bruit. L'équipe allemande est fière de son coup, imaginez, le plus grand talent d'Allemagne depuis Jan Ullrich maintenant coéquipier de ce dernier. Le summum! Paraîtrait-il que c'est le top du top, courir pour Jan, quand on est allemand. Un grand honneur. Tant mieux, mais je n'arrive pas à imaginer Gerdemann en fushia. Le rouge et noir lui allait bien. Et il y avait Riis aussi. 
 
En espérant que novembre passera très vite.
 
17 ottobre

Les saisons

Il y a les feuilles rougissantes qui, en cet étrange début d'automne, commencent lentement à tomber. Il y a des semaines que je n'ai rien écris. Faut dire qu'avec le Cégep, les cours de langues, l'allemand, l'espagnol, le cours de communication - le système scolaire n'a-t-il pas été conçu pour moi, pour une élève dont le cheminement dans l'écriture en est arrivé au point qu'il devient essentiel qu'on lui montre à écrire, et non pas à varier sur un même thème?... Et les cours de philos...ouais, sans commentaire.
 
Toujours est-il que je n'ai pas suivi les classiques automnales. Enfin, je connais les vainqueurs, mais je n'ai rien suivi. Si au moins, on les diffusait à la télé... Ça viendra peut-être un jour; l'an prochain, on verra le Giro - peut-être verra-t-on Ullrich en Italie, selon ce qu'annonçait dernièrement Pevenage. Non, à bien y penser, Ullrich en forme en mai, ça se peut pas! On verra la Vuelta, l'or Espagnol... (Je ne connais pas de coureur qui s'apelle Cortez...) (Pas rapport.)
 
La saison est (belle) et bien finie. Bien finie, avec les deux victoires de Bettini (Championnats de Zurich, Tour de Lombardie), c'est la meilleure expression que j'aurais pu trouver même si je m'étais forcée. Belle. Oui, quand même. Certains peut-être diront; il faut aimer Armstrong. Ou être aveugle, sourd et muet (pourquoi pas) pour ne pas avoir entendu parler de toutes ces affaires de dopage, ces histoires sombres qui font si mal au cyclisme et en confirment le diagnostic. Malade.
 
Mais imaginez, imaginez le retour de l'été, les fleurs de pommiers viennent à peine de flétrir, et tout excités parce que le Tour approche, on passe le mois de Juin à se morfondre devant le Dauphiné et le Tour de Suisse, cherchant à savoir, à calculer, Ullrich est-il bien, pas trop de kilos à perdre? Basso se remet-il du Giro? Armstrong, comment il va, Armstrong? Ah non, c'est vrai, Armstrong, il est parti... Puis le Tour vient. Combien donnerais-t-on, dans l'ennui d'une étape de plaine, pour que celles de montagnes arrivent? Combien regrette-t-on quand le Tour finit? Et le lendemain, on a encore le réflexe, l'habitude rapidement adoptée d'organiser sa journée autour... 
 
N'entendrai-je plus jamais Bernard Vallet raconter comment ''Lance Anmstrrong'' est un ''céréal killère''?
 
Mais te verrai-je, Jan, remporter ton Tour?
 
 
19 settembre

The Australian Surfer

Le ciel, ce jour-là, était aussi bleu que ses yeux et le sable, à perte de vue sur la plage, aussi blond que ses cheveux d'enfant. Ewan McEwen a trois ans (ou quatre). Sous le regard attendri de sa mère, Angélique, il construit un château fort. De temps en temps, il jette un regard sur l'océan, mi-inquiet, mi-fasciné, le temps de repérer son père qui surfe entre les vagues. Tout à coup, il s'aperçoit qu'il ne le voit pas.
- Est où, papa? demande-t-il, pointant la mer de son petit doigt.
 
Et puis, il le voit, défiant la vague qui se referme derrière lui, la surpassant de vitesse en équilibre sur sa planche. Le ciel est bleu, la mer encore plus. On dirait un film Américain.
 
Robbie McEwen sort de l'eau, sa planche à la main. Il sourit lorsqu'il voit son fils courir jusqu'à lui, il se penche, tend les bras pour qu'Ewan s'y jette, l'emprisonne une fois qu'il y est et l'embrasse sur la joue. Le petit se dégage : Papa, t'es tout mouillé! Robbie sourit encore. La mer est belle, et puis son fils est mignon.
 
Main dans la main, ils rejoignent Angélique, étendue sous un parasol, regardant s'avancer vers elle les hommes de sa vie...
 
McEwen a tout du surfer; le goût du risque, le style, la belle femme blonde, le teint, l'accent, même. Il a aussi l'humour qui va avec le genre. Un peu arrogant, beaucoup pince-sans-rire, mais c'est toujours bien placé et ça fait réagir. C'est un humour confiant, surprenant, et aussi fascinant qu'un ''McEwen corner''. Mais Robbie a toujours su être lui-même à cent pour cent et ce, en toutes circonstances.
 
- Je gagne en Janvier, Février, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre et Octobre. En Mars, d'habitude, je suis malade. Mais qui égale mes résultats? Je suis l'un des 3 sprinters les plus rapides, affirme-t-il, avec raison. Évidemment, c'est pour s'amuser. Riez un peu, c'est bon pour la santé.
 
Mais tout ça, ce jour-là, Robbie n'y pensait pas. La mer était belle, le ciel aussi, aussi bleu que les yeux d'Ewan. Sous le parasol, Angélique le regarde.   
 
   (citation: www.cyclingnews.com)
09 settembre

Tout le monde en parle

Montréal, 11 septembre 2005 - Guy A. Lepage, l'animateur de la version québécoise du populaire talk-show Tout le monde en parle vient d'annoncer en grande pompes la présence du cycliste Américain Lance Armstrong à l'émission qui sera diffusée ce soir sur les ondes de Radio-Canada. En effet, le Premier ministre Jean Charest aurait été remplacé à la dernière minute, l'équipe de production de Tout le monde en parle croyant que l'impopularité du Premier Ministre québécois pourrait causer une baisse majeure des cotes d'écoute, surtout en tenant compte du fait que l'émission sera confrontée au gala du dimanche soir de Star Académie, de retour cette saison avec une nouvelle cuvée de vedettes instantanées. 
 
Guy A. Lepage croit fermement que la présence de l'athlète, sept fois vainqueur du Tour de France et dont malgré la récente retraite on ce cesse de voir dans les journeaux pour différentes affaires de dopage et/ou de menaces de comeback à la Michael Jordan, contribuera au succès de son émission. '' De plus'', mentionne-t-il, '' il fallait bien qu'il soit invité étant donné qu'il fait beaucoup parler de lui. À Tout le monde en parle, on parle de ce que tout le monde parle.''
 
'' On ne s'attendait pas à ce qu'il accepte '', confie le Fou du Roi, Dany Turcotte. '' Mais on est bien content qu'il soit des nôtres et je lui ai préparé une petite carte! '' L'équipe a aussi mentionné avoir prévu quelque chose de ''spécial'', mais a refusé d'en dire plus. À ne pas manquer, ce soir, 20 heures.
 
...
 
Il est vingt heures. Partout au Québec, les télévisions s'allument, les familles s'installent au salon avec leurs sacs de pop corn; certaines pour voir Julie Snyder déguisée en courgette animer Star Académie en talons hauts alors qu'elle est incapable de marcher avec de telles chaussures aux pieds, d'autre pour écouter ce que Lance Armstrong aura à dire à Guy A. Lepage. La petite musique d'ouverture se fait entendre, les noms des invités défilent sur l'écran, une voix féminine présente les animateurs...
 
-Bonsoir tout le monde, ici Guy. A Lepage, vous écoutez Tout le monde en parle, bonsoir à mon Fou du Roi Dany Turcotte, salut Dany...
 
-Bonsoir, Guy.
 
- Dany ce soir notre premier invité nous vient directement du Texas, accueillons immédiatemment Lance Armstrong, mesdames et messieurs.
 
Lance entre dans la salle, il porte un jean et un chandail jaune ''I love le Tour'', par dessus lequel il a enfilé un blouson aux couleurs de Discovery Channel. Les spectateurs applaudissent, il les salue d'un mouvement de la main avant de s'asseoir devant l'animateur. 
 
- Welcome at Tout le monde en parle!, commence Guy A.
-Thanks.
 
Guy A. explique qu'une traduction simultanée sera fournie au cycliste. L'hôtesse du plateau lui emmène alors une paire d'écouteurs, que Lance s'empresse d'enfiler.
 
-On est content que tu sois avec nous ce soir. Pourquoi as-tu accepté notre invation?
-Well... Il n'y avait pas de talk-show au Texas ce soir et il fallait que je fasse parler de moi, alors j'ai décidé que je pouvais donner une entrevue dans un autre état américain.
-Mais euh... Lance, le Canada, c'est pas aux États-Unis!
-NO??? But... on va renvoyer Michael Barry, debord! I thought he was American.
-...
 
-Euh, Lance, reprend Guy A., qu'as tu à répondre aux accusations de dopage formulées contre toi?
-Ah ah! That's the French. Les Français ne m'aiment pas! Ils n'ont rien compris, il ne faut pas se mettre à dos quelqu'un comme moi. I am clean, ya know what I mean? C'est à cause d'eux que je retourne au Tour de France!
-Donc, tu as pris ta décision?
-Well...Sheryl doesn't want me home, she thinks I move too much, you know. And the kids... Walt Disney, ça commence à faire... Mais aussi, je veux, you know, ''faire chier'' the French.
-Est ce que ce n'est pas, justement, une attitude adoptée pour faire passer le scandale sur le dos de la politique?
-No! I don't like the French and their fucking allegations..
-Euhmmm...toussotte Dany, le Fou du Roi. Citation du livre écrit par Lance Armstrong ici présent, ''Every second counts'', de sa traduction française, ''Chaque seconde compte'', édition 2003, page 102, ligne 15 : J'adore la France et je ne suis pas homme à le dire sans le penser.
 
Lance se jette sur le livre pour vérifier. C'est bien écrit. Il bafouille quelque chose qui ressemble à ''the problem with France is that it's full of French'', mais ce n'est pas crédible... Lance se rasseoit, bouillonnant.
 
- Parlons des rumeurs selon lesquelles Jan Ullrich  t'aurait appelé pour te faire revenir à la compétition...
-Yeah... J'en ai entendu parler, répond l'américain, les mâchoires serrées. Il les as démenties lui-même, si je ne me trompe pas. Il a dit qu'il ne croyait pas en mon retour et qu'il ne se mettait pas de pression.
-Donc pas de coup de bluff?
-Well...maybe.
 
-Bon, Lance, merci pour cette entrevue, restes-tu avec nous?
-Well... Sheryl is waiting for me...
-Ok, bonne soirée, merci!
-Yeah, yeah... A pleasure...rajoute-t-il entre ses dents.
-Hey Lance, wait!
C'est le Fou du Roi qui l'appelle.
-J'ai une petite carte pour toi!
 
Il la lui tend et lui explique qu'il doit la lire à haute voix.
 
- Attention! En juillet, les Français font une allergie aïgue à l'E-POllen, il ne faut pas les provoquer!
06 settembre

Dionne chez Saunier Duval

C'est un grand jour pour tous les Québécois. Enfin... pour ceux qui s'intéresse au cyclisme, car pour tous les autres, la nouvelle passera probablement inaperçue. Peut importe, c'est un grand jour quand même. Charles Dionne, récemment sacré champion québécois, a signé avec l'équipe professionnelle espagnole Saunier Duval-Prodir, ce qui lui permettra de participer à des épreuves du Pro-Tour.
 
Âgé de 26 ans, Dionne a remporté deux fois le Grand Prix de San Francisco (2002 et 2004), auquel participe (ou ont participé) de gros noms du cyclisme international comme George Hincapie et Lance Armstrong.
 
Son principal objectif? Faire le Tour de France, bien sûr.
 
" Mon principal objectif de carrière, c'est le Tour de France ", a mentionné Dionne. " Je commencerai la saison avec l'équipe Saunier Duval-Prodir qui participera aux importantes compétitions internationales du circuit Pro-Tour UCI et par la suite je ferai vraiment tout en mon possible pour être retenu au sein de la sélection finale qui participera au Tour de France 2006 ". (source : http://www.fqsc.net/05/Nouvelle/0906-1.htm ) 
 
Je me souviens d'avoir déjà écrit, dans un de mes billets, que ce n'était pas demain la veille qu'on allait voir un Québécois sur la Grande Boucle. Et si je me trompais?
 
 
02 settembre

Eins, Zwei, Drei...

Chez T-Mobile, le chiffre chanceux, -ou malchanceux, c'est selon, le chiffre, donc, c'est deux. Zwei,  comme dirait Jan Ullrich. D'ailleurs, deux, c'est le chiffre que les journalistes ont étiquetté sur son joli maillot rose et blanc; Jan Ullrich, éternel second, c'est du pareil au même, c'est presque synonyme. Le problème, chez T-Mobile, c'est que le grand roux est influent. Sans le savoir, bien sûr. À force de se tenir avec Erik Zabel, il a fini par déteindre sur lui!
Ça fait donc 2 fois (2!!!) que le sprinter allemand termine second; lui qui voudrait bien une victoire d'étape sur cette Vuelta, il en a été privé une première fois par Petacchi, et une autre, aujourd'hui, par Max van Heeswijk.
 
Il y a deux ans (2!) les dirigeants de l'équipe ont bien entendu tenté de mettre un terme à tout cela. Ils ont interdit toutes les deuxièmes marches de quelque podium que ce soit - y compris celui du Tour de France - à Jan Ullrich. 
-La première, ou bien la troisième, mais il n'est pas question que ce soit la deuxième!... l'a engeulé Godefroot.
Et comme Armstrong l'avait prévenu qu'il se réservait la plus haute marche, il ne lui restait plus qu'un choix...
C'est bien la raison pour laquelle il a terminé 4eme l'an dernier et puis troisième cette année.
 
La malédiction avait alors touché Klöden. Celui-ci, effrayé que cela ne frappe à nouveau, a tout fait pour passer inarperçu cette saison. Vino a pris peur d'être le prochain sur la liste; il a fait ses valises à temps...
 
Zabel la voyait venir. Il savait bien que cette malédiction, cet enfer du chiffre deux, risquait de lui gâcher la fin de sa carrière. Il savait qu'il devait quitter son équipe avant qu'il ne soit trop tard, mais c'était dur de s'y résoudre, et puis, il lui fallait un prétexte. Alors, le grand Jan, malheureux de voir son ami souffrir, lui proposa un plan qui lui permettrait de quitter les magenta sans trop d'histoires.
 
(flashback, retour en juin 2005, le 2, pour les besoins de la cause)
 
-Je me plaindrai que toute l'équipe n'est pas à ma disposition. Je leur dirai que pour gagner, tout le monde doit être à mon service. Si ça ne fonctionne pas, je les menacerai de ne pas courir le Tour, ils seront bien obligés de ne pas t'y emmener. Tu auras le prétexte, tu n'auras qu'à partir.
 
-Merci, Jan. Mais tu sais, je pense que tu ne gagneras pas le Tour.
 
-C'est ce que je pense aussi, mais j'aimerais bien visiter cette troisième marche, tu sais, je n'y suis jamais monté. Et puis, une fois Armstrong parti, je pourrai me retrouver encore une fois sur la première. 
 
-Ouais, c'est vrai, vivement l'an prochain, qu'on gagne!
 
 (fin du flashback)
 
C'est comme ça qu'Érik a décidé qu'il partait. Et comme il repart à zéro, espérons qu'il n'arrive pas à deux trop vite!
 

 
****** Je viens de le remarquer, mais au moment où j'écris ces lignes, nous sommes le 2 septembre! ******
 
                                                                                
31 agosto

Interview: Tom Danielson

L'espoir du cyclisme Américain, Tom Danielson, participe actuellement à son premier vrai Grand Tour, si l'on néglige le dernier Giro puisqu'il a abandonné à cause d'une tendinite. Excellent grimpeur, il est capable de finir avec les meilleurs en montagne, et puisqu'il sait aussi courir contre-la-montre - il a terminé 5eme de la première étape -beaucoup ont espoir de le voir se placer dans les 10 premiers. Le site web australien CyclingNews.com présente une entrevue avec ce coureur qui a tout pour réussir.
 
CyclingNews: Jusqu'à maintenant, sur cette Vuelta, comment les choses se présentent-elles, pour toi?
 
Tom Danielson: Tout va très bien. Nous avons ici une équipe très forte et ça rend la course beaucoup moins stressante. Je pense que le moral de l'équipe et bon et à mes yeux, c'est pourquoi tout va si bien.
 
CN: Tu as très bien roulé, lors du prologue, pour la cinquième place, douze secondes derrière le vaiqueur. Tu dois être heureux de ce résultat?
 
TD: Oui, je suis vraiment, vraiment heureux. J'ai encore beaucoup à apprendre en contre-la-montre et ce genre de choses, mais sur une petite distance comme celle-là, je ne peux rien demander de plus, pour l'instant. Dans le futur, j'aimerais pouvoir m'améliorer, mais pour cette course et ce genre de prologue, je suis content de la façon dont les choses ont tourné.
  
J'ai aimé la côte. Quand j'ai couru le prologue, je suis allé trop lentement dans la montée et très vite sur le plat, ensuite. J'essayais de me conserver parce que je pensais laisser plus d'énergie dans cette côte qu'elle ne m'a finalement pris. J'ai perdu du temps dans l'ascension, puis j'en ai gagné sur le plat; normalement, selon mes forces et mes caractéristiques, je devrais être capable d'en gagner en montant. Johan et Dirk ont regardé toute ma course et m'ont fait remarquer plusieurs choses à corriger dans le futur. Je vais travailler fort et m'améliorer.
 
CN: Et puis tu as fais une belle ascension, le jour suivant...
 
TD: Oui, je l'avais vue sur la carte, et mon compagnon de chambre, Michael (Barry), m'a dit que c'était une des étapes les plus difficiles parce qu'il y avait une vraie bagarre durant la montée. La côte n'était pas si dure, mais la cadence était très rapide et c'était important d'être à l'avant. J'étais content de pouvoir commencer à grimper à l'avant du peloton, c'était pour moi un accomplissement.
 
Je me suis senti très bien dans la montée, mais il y a encore beaucoup à venir. Je vais continuer de prendre cette course au jour le jour, comme je le fais présentement. Mais, vraiment, dans cette ascension, je me suis senti particulièrement bien.
 
CN: Comment as-tu senti venir ta forme, pour cette course?
 
TD: Je ne l'ai pas sentie. Je n'ai pas fais de course à étape avec des ascensions depuis le Giro. Cela veut dire que je ne suis pas sûr à 100% de ma forme actuelle. J'ai travaillé très fort et je suis content de participer à cette course. Je ne sais pas ce qui m'attend pour les trois prochaines semaines, mais je vais faire de mon mieux.
 
CN: Un problème au genou t'as forcé à abandonner le Giro et ne pas courir pour un moment. À ton retour, sur le Tour d'Autriche, tu as cependant bien performé.
 
TD: Oui, je n'avais que deux semaines de vélo dans les jambes quand j'ai couru le Tour d'Autriche. J'ai fini cinquième. Ce n'est pas mauvais, mais c'était une course à la hauteur de mes capacités, avec un contre-la-montre et une arrivée en hauteur. Même si je me sentais un peu lourd et que je n'étais pas bien préparé, j'ai pû faire une belle performance sans pour autant y mettre trop d'intensité.
 
Je me sentais bien et puis j'ai encore progressé durant le Saxon Tour, où il y avait des étapes de plat et beaucoup de vent! Mon but sur cette course était d'apprendre. J'avais à faire face à des situations où je ne suis pas bon. Les autoroutes, le vent, la pluie... Je me suis senti bien et j'étais dans les échappées quatre jours sur cinq. C'était encourageant et c'était aussi un bon entraînement. Par la suite, je me suis entraîné en altitude et j'ai fais la San Sebastian, ensuite je me suis entrainé encore et maintenant, je suis ici. On verra ce qui arrivera.
 
CN: As-tu des buts pour cette course ou y vas-tu selon les opportunités?
 
TD: Mon équipe m'a fixé certains buts. Le premier est de finir la course. C'est ce qui est le plus important pour mon avenir en tant que coureur. Ensuite, je voudrais bien figurer sur quelques étapes et bien rouler pour toute la durée de la Vuelta. Donc, premièrement compléter la course, puis être à l'avant sur quelques étapes, puis si tout va bien, sans me mettre trop de pression et si l'équipe roule bien, je verrai pour le classement général. Mais mon but premier est de finir.
 
CN: Y a-t-il certaines étapes qui te semblent intéressantes? Où penses-tu pouvoir performer?
 
TD: Oui... Je n'ai jamais couru le Tour d'Espagne alors je ne connais pas les montées, ici. Je pense que je vais tout donner lors des contre-la-montre parce que je tiens à m'améliorer dans cet exercice. En tant que grimpeur, les étapes 6, 10 et 11 me semblent bien. Et tout le monde me dit que le Lagos de Covadonga est une bonne ascension. Je pense que je vais essayer de bien faire lorsque j'y serai. Mais aussitôt que ça monte, je voudrais aller vite, me tenir à l'avant, avec les meilleurs, si je peux.
 
(...)
 
CN: Tu as fais une très belle course en Georgie... Considères-tu cette victoire comme ton plus grand succès jusqu'à aujourd'hui?
 
TD: Oui, pour plusieurs raisons. La première est que toute l'équipe et puis Lance, et Johan, avaient confiance en moi et me mettaient de la pression. C'était un parcours difficile, avec des coureurs qui gagnent au Pro-Tour et finissent parmi les dix premiers du Tour de France. Ensuite, l'équipe avait un plan très dur pour moi. Lance m'a beaucoup aidé. D'avoir mon idole à mes côtés pour être mon mentor et dessiner un plan pour moi était la cerise sur le gâteau de cet accomplissement. Ça m'a appris que si je croyais en moi-même, je pouvais repousser mes limites. J'espère les repousser encore ici, et puis encore l'an prochain et avec un peu de chance, arriver au sommet.
 
(...)
 
CN: Certaines rumeurs affirment que tu as battu certains records de Lance dans les ascensions autour de Gérone...
 
TD: Aaaah... Ce n'est pas important. J'ai travaillé très fort et je suis prêt à montrer mon potentiel. Je suis content d'être ici avec cette équipe, les directeurs comme les coureurs. Je pense que c'est très excitant pour moi. J'ai eu du mal à dormir ces dernières semaines parce que j'étais excité de courir ici, et maintenant j'y suis.
 
CN: Il y a eu du stress additionnel chez Discovery Channel, à cause des accusations dans l'Équipe, la semaine passée. Est-ce que cela affecte le moral de l'équipe?
 
TD: Je crois que l'équipe se porte très bien, je pense que tout est correct. Ce n'est pas nouveau pour nous... Être au top nous oblige à faire face au doute et à ce genre de choses. Tout est O.K et notre moral est bon.
 
CN: As-tu été désigné leader de l'équipe, pour cette course?
 
TD: Je pense que l'objectif de tout le monde est de faire une belle course en tant qu'équipe et de ne pas mettre de pression à personne. Nous prendrons ce que nous pourrons et nous verrons la forme de chacun. Durant l'entraînement, il semblait que tout le monde avait la forme alors je pense que nous irons étape après étape, nous verrons bien ce qui arrivera.
 
CN: Quel est ton programme, après la Vuelta?
 
TD: Je ne pense pas aller aux championnats du monde. Je ne connais pas encore mon programme. J'ai participé à beaucoup de courses avant la Vuelta. Maintenant je suis ici et je focuse à 100% là-dessus. Ce qui vient après viendra plus tard. Je n'y pense même pas. Je pense à cette course.
 
CN: À plus long terme, quels sont tes buts?
 
TD: Prendre la vie au jour le jour et voir comment ça ira. J'aimerais être un coureur pour les Grand Tours. Je veux apprendre de cette équipe et me mouler aux meilleurs, donner le meilleur de moi-même.
 
 
 
 
 
 
24 agosto

Le virage de la 16eme

Le vent a soulevé mes cheveux le temps que le peloton passe. Ça dure une fraction de seconde, le sol vibre, les roues tournent, et puis ils sont déjà loin. Au coin de la 16eme avenue, dans le quartier Montréalais de Lachine, ils ont pris le virage tellement près du trottoir que si j'avais tendu un peu le bras, j'aurais provoqué une chute. Je n'ai même pas eu le temps d'avoir peur, ou même de songer à reculer. J'étais fascinée.
 
L'ambiance était à son paroxysme sur cette 10eme et dernière étape des Mardis Cyclistes de Lachine, malgré la musique d'un goût discutable et l'animateur tout droit sorti des années 70 et dont je doute de la capacité à identifier les coureurs... La place grouillait de monde, de jeunes et de moins jeunes, parce qu'il n'y a pas d'âge pour aimer la course cycliste. Le clou de la soirée était la présence de Steve Bauer, qui a pris le départ lui aussi, après avoir enfilé un maillot jaune du Tour de France. Steve Bauer a été le seul Canadien à s'illustrer sur les routes de la Grande Boucle. Il a remporté deux étapes, a été sacré meilleur jeune en 1985, terminé quatrième après 5 jours en jaune en 1988 et porté de nouveau le jaune en 1990 cette fois durant 10 jours. Il a été coéquipier de Bernard Hinault, de Greg LeMond et puis, vers la fin de sa carrière professionnelle, d'un toujours controversé Lance Armstrong.
 
Le peloton ne voulait laisser partir personne. Surtout pas Bauer. S'il osait sortir, les coureurs se le criaient entre eux et la tentative mourrait dans l'oeuf. Ça a été une course nerveuse, les attaques multipliées par l'appât d'une victoire contre un ex-détenteur du maillot jaune... Mais ça se surveillait pour le classement général et donc, il n'y eu pas d'échappée digne de ce nom. Chaque équipe avait son but et ses motivations; les Volkswagen-Trek voulaient une victoire d'étape pour remonter au classement, ou bien seulement pour empêcher les Gypco Télé-Annonce de gagner une nouvelle fois. Gypco se défendait. Les Espoirs de Laval couraient après une étape.
 
C'est finalement Kevin Lacombe de chez Volkswagen-Trek qui l'a emporté. Bauer a fini 6eme derrière David Veilleux, 18 ans, meilleur jeune du classement final des Mardis cyclistes de Lachine. Sébastien Moquin conserve son premier rang, tout juste devant Dominique Rollin, son propre coéquipier.
 
Quand j'étais assise sur l'estrade, un petit garçon devant moi agitait une pancarte sur laquelle il avait dessiné les tentes Saputo, le commanditaire, près de la ligne d'arrivée où un coureur au maillot rouge levait les bras au ciel.