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14 luglio

Combats

Soldats, au braquet!
 
Les hositilités ont été lancées de façon sérieuse, à présent; ne reste plus qu'à se battre - et à gagner! Aujourd'hui dans l'avant dernier col, les Allemands qu'on attendait se sont présentés, cela va de soi, car les Allemands ont le mérite d'au moins toujours être là, et cela était déjà à l'époque révolue de leur plus grande fierté, le héros de guerre Jan Ullrich qui perd de sa brillance par les temps qui courent. Néanmoins les Allemands étaient là. D'ailleurs des trois grandes équipes sans leader après la retraite du Boss, Armstrong, et des évictions d'Ullrich et Basso, c'est bien la T-Mobile qui se montre la plus solide. Mais les forces de Klöden n'égalent pas celles de son ex-capitaine et la première marche du podium s'éloigne; il faudra prendre les armes, il faudra attaquer, sinon les Allemands essuyeront encore une défaite.
 
Les Américains, eux, sont à la dérive. Ou plutôt, les membres internationaux de l'équipe Américaine sont à la dérive et c'est du nouveau. Ils se sont montrés faibles, les Savoldelli, Popovych et Hincapie. Mais cela vient sans surprise; après l'apogée vient le déclin, voilà bien un cycle que Johan Bruyneel ne pourra briser et que les États-Unis non plus n'esquivent pas.
 
Chez les Danois, on a fait alliance avec l'Espagne et les coups de pédale ont dévoilé un Sastre en bonne condition, quoique faiblissant vers la fin, mais cela, évidemment, pourrait bien changer demain, car cette guerre s'est annoncée imprévisible, et on a vu avec Leipheimer que la chance pouvait tourner.
 
Au front, les vainqueurs d'aujourd'hui ont fait étalage de leur force; Landis et Menchov se livrèrent une guerre froide, hésitante, presque, avec Leiphemer dans les roues. Résultats : le premier porte le jaune - couleur qui jure sérieusement avec son uniforme de combat - et le second remporte l'étape. Comme quoi la Russie est à la hauteur de l'actuelle Amérique.
 
Demain, la prise de la Bastille. Soldats tricolores, ajustez vos braquets!
02 luglio

Du drame pour Christian Prud'homme

Dans un interview qu'il avait accordé à l'équipe T-Mobile avant le Tour, Christian Prud'homme affirmait qu'il souhaitait du drame sur cette 93eme édition...
 
Il a été servi.
 
 L'accident de Thor Hushovd - qui s'est sanctionné l'artère du bras droit lorsqu'il a accroché un accessoire en plastique lors du sprint final - est en soi tout un drame. La vitesse à laquelle il roulait quand l'incident est survenu a causé la coupure. Je ne sais pas s'il l'a sentie sur le coup. Il a continué son sprint, mais son bras était déjà sanglant lorsqu'il a passé le fil et quelques secondes plus tard, on le retrouvait par terre, recouvert de sang, pris en charge par le médecin de l'équipe qui tentait de lui faire un garrot pour l'empêcher d'en perdre trop.
 
La malchance du maillot jaune me rapelle l'incident Zabriskie, sur le Tour 2005. Le Tour, à mon avis, aime bien nous rappeler comme il peut être cruel.
 
Mais revenons à nos moutons. L'accident d'Hushovd ne fut pas cependant le seul drame de cette fin d'étape; la déconfiture de Boonen, qui ne finit même pas parmi les 10 premiers, fait office de mauvaise surprise. Le grand Belge était favori suprême de cette étape, mais il a fait l'erreur de lancer son sprint de trop loin, de relâcher avant d'essayer de relancer mais il était trop tard et le français Jimmy Casper le remontait par la gauche. Hushovd, Boonen et McEwen se marquaient tellement l'un l'autre qu'on se demandait ce qu'ils faisaient. Le kangourou Australien a été le seul de ces trois à esquiver la malchance, sortant du coin où il semblait être enfermé pour terminer second de l'étape devant l'Allemand Zabel.  
 
Ah, les «emballages finaux», comme les appelle Louis Bertrand...
 
 
01 luglio

Thor Hushovd bat Zabriskie sur le prologue...

C'est presque du n'importe quoi. Hushovd devant Zabriskie au contre-la-montre, c'était pour le moins inattendu. Pourtant, l'Américain n'a pas signé un mauvais temps; il a tout de même fini 3eme, derrière, donc, le Norvégien Hushovd et son compatriote Hincapie. Reste qu'Hushovd a gagné ce prologue et que, quoi qu'on connaisse sa puissance et son aptitude à bien performer sur les contre-la-montre, cette victoire est une demi-surprise.
 
Je comparais leurs styles respectifs. David Zabriskie est indéniablement l'un des plus beaux coureurs sur un vélo - surtout lorsqu'il court contre-la-montre. Sa position est élégante, efficace. Il a un beau profil, de belles jambes adéquatement proportionnée. Et puis il a ce sourire éclatant - pas tout à fait un sourire radieux à l'effort, mais un sourire de publicité pour pâte à dents qui rend justice à sa personnalité sympathique.  Hushovd n'a pas le même genre. Plus trapu, il perd sans le vouloir de l'élégance, mais il a un autre atout, qui lui vient probablement de son physique massif, une puissance qui lui aura permis de s'imposer aujourd'hui.
 
Le résultat d'Hincapie n'est pas surprenant, compte tenu de ses abiletés avouées dans l'effort solitaire et sa constance sur ce type d'épreuve dans le passé. Excellente performance du nouvellement couronné champion d'Allemagne au contre-la-montre, Sebastian Lang, que j'aurais aimé voir gagner aujourd'hui. Lui aussi est très élégant sur le vélo. Il a été très drôle de voir Landis se présenter en retard à la rampe de lancement; il a cependant dû moins rire que moi, perdant ainsi de cruciales secondes qui auraient pu lui valoir la victoire étant donné qu'il a néanmoins signé un très bon temps.
 
Dans un Tour si ouvert, en l'absence - que je regrette beaucoup - d'Ullrich et Basso, les premiers résultats que nous recevons ne veulent pas dire grand chose, sinon que Valverde dévoile d'entrée de jeu ses ambitions et qu'il est en forme. Demain, premier combat entre les sprinters dans les rues de Strasbourg.
22 giugno

J'entends des pas.

Silence!
 
Juin s'achève.
 
Les dernières courses avant le Tour font miroiter un juillet enlevant, reflet d'une compétition serrée. Cette fois, nous exigerons du drame. Nous exigerons le meilleur Tour de France de l'histoire! Nous exigerons la victoire la plus jolie, la plus glorieuse, la plus...allemande?
 
Juin s'achève. Lentement. Presque sournoisement. Dans le silence d'avant Tour, si vous écoutez bien, vous entendrez ses pas. Vous entendrez le bruit des chaussures qui cliquent dans les pédales, au départ. Vous entendrez le bruit des roues qui tournent. Vous entendrez un cri en sourdine, ce cri retentissant de l'arrachée vers la victoire, des cuisses qui brûlent d'acide lactique, mais qui, les premières, franchissent le fil d'arrivée.
 
Ne restent que quelques jours avant juillet. Quelques jours d'attente savoureuse, d'impatience amère... Quelques jours d'appréhension, de hâte; Jan Ullrich évitera-t-il la malchance d'une chute, d'un autre quelconque accident avant le Grand Départ? Portera-t-il le jaune pour l'incursion en Allemagne, le 2 juillet, après avoir remporté ce prologue si plat - mais, il est vrai, si court? Les attaques de Basso lorsque la route s'élèvera, auront-elles autant de panache qu'on en attend? Cunego découvrira l'épreuve; Valverde, lui, voudra y faire ses preuves. Vinokourov se remmettra-t-il en forme à temps? Que d'interrogations, d'incertitudes, de désir...
 
Juillet est presque là. Les cerises aussi.