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14 luglio Magnifique.![]() Linus était magnifique aujourd'hui. Je savais qu'il voudrait s'essayer sur cette étape: je l'avais repérée il y a déjà deux semaines en feuilletant les guides des étapes, je me suis dit qu'elle convenait tout à fait à Linus. Ça veut dire que je suis une « fine connaisseure » du cyclisme, selon l'expression de Louis Bertrand, qui qualifiait de «bien maline» la personne qui aurait pu prédire cette belle victoire du jeune allemand de la T-Mobile.
Donc je suis maline. Il me semblait que le profil d'aujourd'hui, avec la gradation dans les ascensions, la montée à Colombière et la descente finale vers le Grand Bornand constituait une étape idéale pour Gerdemann, compte tenu de ses capacités tout de même limitées de grimpeur, c'est-à-dire qu'il n'en est pas un pur, mais plutôt un rouleur qui sait grimper. D'ailleurs, son talent contre-la-montre, ainsi que sa bonne position aérodynamique lui ont permis de conserver et même d'augmenter son avance sur son plus proche poursuivant, Inigo Landaluze, qui, basculé au sommet de la Colombière à seulement 18 secondes, était pointé, à l'arrivée, à plus de 40 secondes de l'allemand.
Je me souviens de la première fois où j'ai entendu parler de Gerdemann. C'était en 2005, à sa première victoire professionnelle: il avait remporté la septième étape du Tour de Suisse seulement un mois et demie après avoir rejoint les rangs de la CSC. Les photos de sa victoire étaient particulièrement touchantes. Il affichait un sourire immense, contagieux, ses yeux bleus étaient comme enrayonnés de bonheur. Il avait réellement peine à croire qu'il avait gagné. C'était un peu la même chose aujourd'hui. Cette étape du Tour représente sa seconde victoire pro seulement, c'est dire! Je ne croyais pas qu'il fût possible que ses yeux soient plus illuminés, que son sourire soit plus heureux encore que ceux qui me l'avaient fait remarqué deux ans plus tôt. En ce qui concerne cela, j'avoue avoir eu tort. Linus était magnifique, bien plus magnifique qu'en 2005.
09 luglio Confusion à GandDe Dunkerque à Gand, aujourd'hui, il y avait du plat. Du plat, du plat, à l'infini.
Il y avait aussi trois affiches publicitaires, que le peloton n'a pas paru si pressé de rattrapper. Puis, rien d'autre. Le plat, la publicité, le peloton qui ne se mettait pas à rouler.
C'est seulement au troisìème kilomètre avant l'arrivée que l'étape est devenue intéressante: par malheur, c'est au drame que nous devons la chose. Une chute a devasté le peloton: plus d'une vingtaine de coureur sont allés à terre, dont le maillot jaune et mon nouveau sprinter fétiche, Mark Cavendish. Cette chute, survenue si près de l'arrivée, a vraisemblablement désorienté les quelques vingt coureurs qui ont pu lui échapper. Résultat: dans les rues de Gand, c'était la confusion totale. Les Quickstep étaient tellement dominants qu'ils ont tiré Boonen probablement un peu trop loin. Steegmans, le dernier pilote de la superstar belge, n'était pas encore crevé qu'il avait... franchi la ligne avant son leader. Confondant.
Boonen se dit heureux de la victoire de son coéquipier et compatriote, mais qu'en est-il réellement de sa situation mentale à présent? Il semble qu'elle doive essuyer, l'un à la suite de l'autre, deux coups très durs: d'abord la dominance de McEwen, fondu sur la ligne comme une balle de fusil après une chute et beaucoup d'efforts consentis afin de revenir sur le peloton, puis, la victoire de son pilote qu'il n'a même pas pu remonter.
La plaine est ennuyante. Vivement jeudi.
08 luglio « Robbie's Canterbury Tale »Imaginez la verte campagne anglaise défiler à l'allure du peloton qui la traverse.
Ce peloton contrôle une échappée de cinq coureurs qui jouent à l'affiche publicitaire: à environ 26 kilomètres de la ligne d'arrivée, il n'en reste qu'un à rattrapper.
À 21 kilomètres, le sprinter qui avait placé le plus d'espoir en cette premìère étape, le brittanique Mark Cavendish, a littéralement chuté contre un spectateur, qu'il a aussi littéralement tenté de boxer après coup, mais qui, faute d'ennuis mécaniques et politiques (apparemment les commissaire n'ont pas apprécié son intérêt pour les sports de combat), il a dû se contenter d'une....troisième-avant-dernière place.
À 20 kilomètre, chute au sein du peloton: parmi les blessés notables, Robbie McEwen.
Tom Boonen entend tout ça dans l'oreillette et toute la Quickstep démarre. Les coéquipiers de McEwen se laissent glisser pour ramener leur leader. Ça roule à bloc.
Imaginez.
À 8 kilomètres, McEwen, tiré par Vansummeren et Vansevenant, a toujours 18 secondes de retard sur le peloton. La Quickstep met la gomme.
À 500 mètres, personne n'avait encore vu McEwen. Les trains Quickstep et Milram perdent leurs étages, Robert Hunter lance son sprint de beaucoup trop loin, perd de la vitesse, Vaitkus se retrouve face au vent, Boonen et Hushovd s'installent pour les 200 derniers mètres...
Et alors Robbie McEwen apparaît brusquement de l'arrière en une accelération surprenante de puissance, et ainsi propulsé, joue des coudes et d'habileté pour s'imposer royalement devant Hushovd et Boonen qui ne peuvent que s'incliner.
Imaginez l'émotion des coéquipiers. La déconfiture de Boonen. Puis le podium, et Robbie dessus, revêtu de vert.
De quoi écrire une séquelle aux Canterbury Tales? Prologue: Sous le soleil de Londres![]() Le soleil a brillé sur Londres, aujourd'hui. Exprès pour le Tour.
Malgré l'ombre des démons qui s'agitent, les abcès qui ne cessent plus de crever, la solidité d'un sport qui se relève coup après coup, la perte de crédibilité, malgré l'hypocrisie, malgré les faisons-semblant...
Aujourd'hui brillait le soleil parce que c'est le Tour, et que même si on nous ne voulons ni ne devons oublier le mal qui le ronge, il ne faudrait aucunement négliger de le célébrer. Car vous savez, à la base, le Tour, c'est une grande fête populaire: c'est de cette origine à la fois intouchable et ingrate qu'il tire son mythisme. Le Tour, comme l'a dit Foglia, c'est d'abord une affaire de ciel et de paysages; puis, comme l'a presque dit Lance Armstrong, c'est la plus jolie métaphore physique qu'on puisse imaginer pour figurer ce qu'est la vie. Et que devrait être la vie, sinon une infinie célébration de la Beauté?
Célébrons, donc. Rigolons par anticipation des couteaux qui voleront bas chez Astana durant les trois semaines à venir: c'est déjà 1-0 Klöden, gageons que Vinokourov - qui en a marre de jouer l'équipier de luxe pour le compte des Allemands - voudra ajuster le tir dès qu'il en aura la possibilité. Et pendant qu'on y est, marrons-nous à gorges déployées des déclarations du Kazakh concernant le docteur Ferrari.
Réjouissons-nous pour les jeunes: Gusev, Dekker, Vaugrenard, Contador, Bonnet, Gerdemann. Ils sont six dans les 25 premiers. Ce Tour, espérons-le, marquera l'avènement d'une nouvelle génération.
Seuls bémols à l'ouverture de cet Hymne à la Joie, les performances de David Millar et Bradley Wiggins, qui, malgré le fait qu'ils aient été l'objet des plus fervents encouragements, ont échoué dans leur quête de gloire en terre natale. Cela n'a pas ému Fabian Cancellara, qui s'est permis de planer littéralement au-dessus de tout le monde et même peut-être au-dessus du soleil, ce qui lui a valu de porter le jaune.
Et de recevoir une peluche en lion, malgré la disparition du Crédit Lyonnais.
06 luglio Tour de France starts soon![]() Plus que quelques heures. Et le Tour sera commencé. Mon Tour de France, mes cerises, mes framboises, mon Bernard Vallet, mes annonces de David Veilleux. Voici un jeu que je me propose: désigner un vainqueur pour chaque étape. - Prologue - David Zabriskie - 1ere étape - Robbie McEwen - 2eme étape - Tom Boonen - 3eme étape - Tom Boonen - 4eme étape - Robbie McEwen - 5eme étape - Juan Antonio Flecha - 6eme étape - Fabian Wegmann - 7eme étape - Linus Gerdemann - 8eme étape - Alexandre Vinokourov - 9eme étape - Paolo Savoldelli - 10eme étape - Thomas Voeckler - 11eme étape - Oscar Freire - 12eme étape - Jens Voigt - 13eme étape - Michael Rogers - 14eme étape - Fränk Schleck - 15eme étape - Haimar Zubeldiah - 16eme étape - Alexandre Vinokourov - 17eme étape - Stefan Schumacher - 18eme étape - Sandy Casar - 19eme étape - Andreas Klöden - 20eme étape - Robbie McEwen _______________________________________________________________________ Les maillots : Jaune : Andreas Klöden Vert: Robbie McEwen À pois : sûrement pas P'tit Poulet. (Rasmussen) donc, ce sera... Igor Anton. Blanc: Linus Gerdemann. C'est certainement pas une opinion biaisée. _______________________________________________________________________ Le podium : 1- Andreas Klöden 2- Fränk Schleck 3- Andrej Kashechkin Nous verrons si je pourrai me lancer dans une carrière de voyante. |
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